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    500 startups en cinq ans : The Dot souffle ses bougies, l'écosystème tunisien cherche son second souffle

    Par Rédaction TunichainStart'Upia

    Lancé en 2021, The Dot revendique plus de 500 startups accompagnées, 140 startups hébergées et plus de 1 500 événements. Le premier hub d'innovation digitale de Tunisie a fêté ses cinq ans le 23 octobre. Le lieu a fait ses preuves ; reste à transformer l'élan en startups qui passent à l'échelle.

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    500 startups en cinq ans : The Dot souffle ses bougies, l'écosystème tunisien cherche son second souffle

    500 startups. C'est le nombre de jeunes pousses accompagnées par The Dot depuis son ouverture en 2021, selon le hub lui-même. Le premier hub d'innovation digitale de Tunisie a fêté ses cinq ans le 23 octobre 2026, lors d'une soirée organisée dans ses locaux de la Cité les Pins.

    Les chiffres affichés par The Dot donnent la mesure du chemin parcouru : plus de 500 startups accompagnées, 140 startups hébergées, plus de 1 500 événements organisés et six programmes actifs.

    Cinq bougies, donc. Et une question qui flotte au-dessus du gâteau : l'écosystème tunisien a-t-il grandi aussi vite que son hub phare ?

    Un lieu né d'un pari public-privé

    The Dot est né d'un partenariat public-privé, à une époque où l'écosystème tunisien vivait dans l'euphorie du Startup Act. Adoptée en 2018, cette loi avait fait de la Tunisie l'un des pionniers africains en créant un label « startup » assorti d'avantages : congé pour créer son entreprise, bourse pour les fondateurs, facilités de change, exonérations fiscales.

    Il manquait un lieu pour que tout cela prenne corps. The Dot a été pensé comme ce point de rencontre : des bureaux, des salles de réunion, des espaces communautaires, et surtout des gens. « Une conversation de couloir vaut mille emails », proclame le hub sur son site.

    L'idée est simple, et elle a fait ses preuves ailleurs. Dans un écosystème jeune, la proximité compte plus que les subventions. Le fondateur qui croise un investisseur à la machine à café gagne parfois plus de temps qu'en six mois de candidatures.

    Six programmes, six portes

    L'offre s'est structurée au fil des années. The Dot présente aujourd'hui six programmes, chacun pensé pour une étape ou un public précis.

    Dot Landing vise la diaspora tunisienne, ces fondateurs installés à Paris, Montréal ou Berlin qui veulent ouvrir une antenne au pays. Dot Camp s'adresse aux startups en pré-amorçage et en amorçage. Dot Camp+ cible les régions intérieures. Dot Sprint est ouvert aux startups tunisiennes de tous secteurs. AI Rise est consacré aux startups et entreprises de l'intelligence artificielle. Et Tech 216 s'adresse aux entreprises allemandes et européennes qui veulent travailler avec la Tunisie.

    Le choix de ces publics n'est pas un hasard. Il dessine les trois paris de l'écosystème : la diaspora comme pont vers les capitaux, l'IA comme nouvelle frontière, et les régions comme réservoir de talents encore inexploité.

    Le grand écart entre la côte et l'intérieur

    C'est peut-être là que se joue l'essentiel des cinq prochaines années. Les startups tunisiennes restent massivement concentrées dans le Grand Tunis et sur le littoral. L'accès aux investisseurs, aux mentors, aux clients et même à une connexion fiable y est incomparablement meilleur.

    Le programme Dot Camp+ tente de réduire cet écart. Il rejoint une dynamique plus large : comme nous l'écrivions il y a quelques jours, les tournées régionales se multiplient pour aller chercher les projets dans le Sud et l'intérieur du pays. Un talent de Kasserine ou de Tataouine ne devrait pas avoir à déménager à Tunis pour exister.

    Mais un programme ne remplace pas une infrastructure. Tant que les régions manqueront de fibre, de transport et d'investisseurs locaux, les meilleurs profils continueront de partir vers la capitale, puis souvent vers l'étranger.

    Le nerf de la guerre reste l'argent

    Le lieu, les programmes et la communauté sont là. Ce qui manque le plus, c'est le carburant.

    Les levées de fonds tunisiennes restent faibles et irrégulières. Certains mois, aucune opération significative n'est enregistrée, comme nous l'avons relevé pour le mois de septembre. Les fonds d'amorçage existent, mais les tours de table plus importants, ceux qui permettent de passer de 10 à 100 salariés, se font rares. Et les règles de change compliquent encore la vie des startups qui veulent lever à l'étranger ou payer des services en devises.

    L'arrivée de la première plateforme de financement participatif agréée, que nous évoquions cette semaine, ouvre une piste. Mais elle ne remplacera pas un vrai marché du capital-risque.

    C'est là que la promesse du Startup Act montre ses limites. Huit ans après son adoption, le texte a besoin d'une mise à jour pour coller à la réalité : délais administratifs, accès effectif aux comptes en devises, reconnaissance des nouveaux modèles comme l'IA ou la blockchain.

    Ce n'est pas un aboutissement, mais un tremplin

    Il faut se garder de deux excès. Le premier serait de juger The Dot à l'aune des licornes qu'il n'a pas produites. Un hub ne crée pas des champions à lui seul. Il crée les conditions de la rencontre.

    Le second serait de confondre le nombre de startups accompagnées avec la santé de l'écosystème. 500 startups accompagnées, ce n'est pas 500 entreprises qui créent des emplois et exportent. Combien sont encore actives ? Combien ont levé des fonds ? Combien ont recruté ? Ces chiffres-là, plus difficiles à collecter, seraient les vrais indicateurs de réussite.

    Mais le bilan est réel. Cinq ans après son ouverture, The Dot est devenu un repère. Un endroit où l'on sait qu'on peut trouver un mentor, un investisseur ou un futur associé. Dans un pays où l'entrepreneur se sent souvent seul face à l'administration, ce n'est pas rien.

    Ce que les cinq prochaines années devront prouver

    La prochaine étape ne se mesurera pas en événements organisés, mais en startups qui passent à l'échelle. Des entreprises tunisiennes capables de vendre en Europe, au Golfe ou en Afrique, de recruter des centaines de personnes, et de revenir investir dans l'écosystème qui les a vues naître.

    Pour cela, il faudra plus de capital, plus de régions connectées et un cadre juridique plus agile. Le hub ne peut pas tout faire. Mais il peut continuer de servir de vitrine et de laboratoire.

    La chute

    Cinq ans, c'est l'âge où l'on quitte la maternelle pour l'école. The Dot a appris à rassembler l'écosystème. Il lui reste à l'aider à grandir.

    Dans la chakchouka de l'entrepreneuriat tunisien, les ingrédients sont sur la table. Il manque encore un peu de feu sous la marmite.

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