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    La roche durcit de 5,54 % : le minage de Bitcoin passe 1 000 exahashs, pas un satoshi de plus

    Par Rédaction TunichainBitcoin Orange Medina

    Le 29 octobre 2026, la difficulté du minage de Bitcoin a bondi de 5,54 % à 148,36 billions, après +5,92 % le 16 octobre. La puissance de calcul tourne autour d'un zettahash par seconde, tandis que les frais ne pèsent que 0,57 % du revenu des mineurs. Ce que ce thermostat dit du réseau, et pourquoi la Tunisie reste hors du souk.

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    La roche durcit de 5,54 % : le minage de Bitcoin passe 1 000 exahashs, pas un satoshi de plus

    148,36 billions. C'est le nouveau niveau de difficulté du minage de Bitcoin, atteint le jeudi 29 octobre 2026 à 19 h 14 (heure universelle), au bloc 973 728, selon les données on-chain de l'explorateur mempool.space. La hausse est de 5,54 % d'un coup.

    Ce n'est pas un accident isolé. Treize jours plus tôt, le 16 octobre, au bloc 971 712, la difficulté avait déjà bondi de 5,92 %, passant de 132,72 à 140,58 billions. En moins d'un mois, la barre a donc été relevée de près de 12 %.

    Derrière ce chiffre abstrait se cache une réalité très concrète : la puissance de calcul mobilisée par les mineurs du monde entier tourne désormais autour d'un zettahash par seconde, soit 1 000 exahashs. Mille milliards de milliards de tentatives chaque seconde pour trouver le prochain bloc.

    Le thermostat du réseau

    Pour comprendre, il faut revenir à la mécanique de base. Bitcoin vise un bloc toutes les dix minutes en moyenne. Tous les 2 016 blocs, soit environ deux semaines, le protocole regarde le temps réellement écoulé et ajuste la difficulté pour revenir à ce rythme.

    Si les mineurs vont trop vite, la serrure se complique. S'ils ralentissent, elle se simplifie. C'est un thermostat automatique, sans comité, sans réunion, sans circulaire.

    Et les mineurs allaient vite. Sur les sept derniers jours, 1 075 blocs ont été trouvés, selon les statistiques de mempool.space, alors que le rythme théorique en prévoit 1 008. Un bloc toutes les 9 minutes et 23 secondes environ, au lieu de dix. Le réseau a donc serré la vis.

    Selon les estimations du même service, la moyenne quotidienne de la puissance de calcul a dépassé 1 000 exahashs plusieurs jours de suite fin octobre, avec un pic estimé à environ 1 124 exahashs le 27 octobre. L'estimation sur trois jours s'établissait autour de 1 084 exahashs à la veille de l'ajustement.

    Plus de machines, pas plus de bitcoins

    Le paradoxe est simple : plus il y a de mineurs, moins chacun gagne. Le nombre de bitcoins créés reste fixé par le protocole à 3,125 BTC par bloc depuis le halving d'avril 2024. Plus de machines, c'est le même gâteau découpé en parts plus fines.

    Sur les 144 derniers blocs relevés par mempool.space, soit environ une journée, les mineurs ont encaissé 452,57 BTC au total. Les frais de transaction n'en représentaient que 2,57 BTC, à peine 0,57 %. Autrement dit, la quasi-totalité du revenu provient encore de la subvention de bloc, pas des utilisateurs du réseau.

    Ce déséquilibre est un vrai sujet de fond. Le prochain halving, attendu au bloc 1 050 000, soit dans environ 76 000 blocs, ramènera la récompense à 1,5625 BTC, probablement au printemps 2028. Si les frais ne prennent pas le relais d'ici là, l'équation des mineurs deviendra encore plus serrée.

    Le prix, lui, n'aide pas. Le 29 octobre au matin, mempool.space affichait un bitcoin à 79 857 dollars. En rapportant la récompense quotidienne à la puissance de calcul estimée, chaque pétahash par seconde de machines rapportait environ 0,00042 BTC par jour, soit autour de 33 dollars, selon un calcul fait à partir de ces données publiques. Une difficulté plus élevée avec un prix sous 80 000 dollars : c'est l'étau classique.

    Qui tient la pioche

    La concentration du secteur mérite aussi d'être regardée. Sur la dernière semaine, Foundry USA a trouvé 284 des 1 075 blocs, soit 26,4 %, devant AntPool avec 20,4 % et F2Pool avec 17,5 %, selon la répartition publiée par mempool.space. Trois pools pèsent donc près des deux tiers de la production de blocs.

    Un pool n'est pas une mine unique : il regroupe des milliers de mineurs indépendants qui mutualisent leur chance. Mais cette concentration reste un point de vigilance permanent pour la décentralisation du réseau.

    Pendant ce temps, l'industrie se transforme. De nombreux mineurs cotés cherchent à rentabiliser autrement leurs hangars, leurs raccordements électriques et leurs systèmes de refroidissement, notamment en louant de la capacité de calcul pour l'intelligence artificielle. Le mineur moderne ressemble de plus en plus à un gestionnaire d'électricité qui hésite entre deux clients.

    Et la Tunisie dans tout ça

    Vu depuis la médina, ce zettahash ressemble à un souk géant où les marchands se bousculent pour vendre la même marchandise, à prix fixe, avec des étals toujours plus coûteux à éclairer. La Tunisie n'y tient pas d'échoppe, et ce n'est pas un hasard.

    Le cadre est clair : il n'existe en Tunisie aucun cadre légal autorisant l'usage des cryptoactifs. La réglementation des changes, encadrée par le code des changes et appliquée par la Banque centrale de Tunisie, est stricte. Or un bitcoin miné est un actif libellé, de fait, hors du dinar, qui se vend sur des plateformes étrangères. Détenir, vendre ou rapatrier ce type de revenu se heurte directement à ces règles.

    Il y a aussi l'équation matérielle. Les machines de minage s'achètent en devises, à l'étranger. Leur importation suppose un paiement international que le système de change tunisien n'est pas conçu pour autoriser à cette fin. Et chaque hausse de difficulté rend obsolètes plus vite les machines les moins efficaces : un parc acheté aujourd'hui vaut moins dans six mois.

    Le débat ne disparaît pas pour autant. L'industrie mondiale cherche partout de l'électricité bon marché, souvent excédentaire ou isolée, et le sud tunisien a du soleil à revendre. Mais une ressource ne fait pas une industrie : sans cadre juridique, sans possibilité d'encaisser légalement les revenus, l'hypothèse reste une discussion de café.

    Ce n'est pas un signal de prix, mais un signal de confiance

    Attention aux raccourcis. Une hausse de difficulté n'annonce pas une hausse du cours. Elle dit simplement que davantage de capital a été investi dans la sécurisation du réseau, souvent sur la base de commandes de machines passées des mois plus tôt.

    C'est d'ailleurs ce qui rend la donnée intéressante : elle est vérifiable par n'importe qui, en temps réel, sans dépendre d'un communiqué. Chaque nœud du réseau calcule le même chiffre. Aucune entreprise ne peut le gonfler.

    La suite reste ouverte. Au 30 octobre, mempool.space estimait le prochain ajustement autour du 13 novembre, avec une légère baisse d'environ 3 % si le rythme des blocs se normalise. Le thermostat peut redescendre aussi vite qu'il est monté.

    Cet article est informatif et ne constitue pas un conseil d'investissement.

    Au fond, la leçon du 29 octobre tient en une phrase : dans le grand souk du Bitcoin, quand tout le monde accourt avec sa pioche, le filon ne grossit pas, c'est la roche qui durcit.

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