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    306,9 millions grâce aux stablecoins : chez Coinbase, le dollar numérique sauve le trimestre

    Par Rédaction TunichainCryptoBeldi

    Coinbase a tiré 306,9 millions de dollars des stablecoins au troisième trimestre 2026, quand ses revenus de transaction chutaient de 1,05 milliard à 590 millions. Les volumes des particuliers ont plongé de 59 %, mais les soldes d'USDC ont battu des records. Une leçon pour la Tunisie : la vraie rente de la crypto revient à ceux qui gardent les dollars.

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    306,9 millions grâce aux stablecoins : chez Coinbase, le dollar numérique sauve le trimestre

    306,9 millions de dollars. C'est ce que Coinbase, la plus grande plateforme crypto cotée aux États-Unis, a tiré des stablecoins au troisième trimestre 2026, selon le rapport trimestriel qu'elle a déposé auprès de la SEC, le gendarme boursier américain, après la publication de ses résultats le 29 octobre.

    Le chiffre est presque stable sur un an : 324,5 millions au même trimestre de 2025. Mais autour de lui, tout a bougé. Les revenus de transaction, le cœur historique du métier, sont tombés à 590,2 millions de dollars, contre 1,05 milliard un an plus tôt. Le dollar numérique pèse désormais plus de la moitié de ce que rapporte le trading.

    Pour la Tunisie, où le dollar numérique gagne du terrain dans les conversations comme dans les téléphones, la leçon mérite qu'on s'y arrête. Quand les échanges ralentissent, ce n'est plus la spéculation qui fait vivre la plateforme, c'est le dollar qui dort.

    Un trimestre de marché en berne

    Les chiffres déposés à la SEC décrivent un trimestre difficile pour le courtage crypto. Le chiffre d'affaires total de Coinbase recule de 35 %, à 1,22 milliard de dollars, contre 1,87 milliard un an plus tôt.

    Les volumes s'effondrent. Le volume d'échanges au comptant des particuliers a chuté de 59 % sur un an, celui des institutionnels de 53 %. Les revenus de transaction des particuliers passent de 843,5 à 450,1 millions de dollars.

    Moins d'utilisateurs, aussi. Coinbase compte 7,4 millions d'utilisateurs actifs mensuels effectuant des transactions sur le trimestre, contre 9,3 millions un an plus tôt. L'entreprise attribue cette baisse surtout à la diminution du nombre de personnes qui tradent, dans un marché moins porteur.

    Les actifs détenus sur la plateforme ont fondu à 376,6 milliards de dollars au 30 septembre 2026, contre 515,9 milliards un an plus tôt, principalement à cause de la baisse des prix des cryptomonnaies.

    Le dollar qui dort, l'actif qui rapporte

    Comment les revenus des stablecoins tiennent-ils dans ce contexte ? Le mécanisme est simple. Un stablecoin comme l'USDC, émis par la société américaine Circle, est un jeton censé valoir un dollar, adossé à des réserves. Coinbase est liée à Circle par un accord commercial, et ses revenus de stablecoins dépendent de deux variables : la quantité d'USDC détenue sur ses produits et le niveau des taux d'intérêt.

    Le rapport décompose l'équation. D'un côté, des soldes moyens d'USDC plus élevés dans les produits de Coinbase ont ajouté 84,6 millions de dollars de revenus sur le trimestre. La direction précise que ces soldes ont atteint un record en moyenne. De l'autre, la baisse des taux d'intérêt a retiré 52,8 millions.

    Autrement dit, Coinbase compense la baisse des taux par le volume : plus de clients laissent des dollars numériques sur la plateforme. Sur neuf mois, les revenus des stablecoins atteignent 904,5 millions de dollars, quasiment au niveau de 2025 (907,5 millions), alors que tout le reste recule.

    Ce confort a un coût. Pour inciter ses clients à garder de l'USDC, Coinbase leur reverse des récompenses. Cette dépense, classée en marketing, atteint 129,2 millions de dollars sur le trimestre, contre 111,6 millions un an plus tôt.

    Ce n'est pas un trimestre florissant, mais un changement de modèle

    Il faut se méfier du chiffre le plus spectaculaire. Coinbase affiche un bénéfice net de 718,7 millions de dollars, en hausse de 66 % sur un an. Mais son résultat opérationnel ne dépasse pas 61,7 millions.

    L'essentiel du bénéfice vient d'ailleurs : un gain net de 715 millions de dollars sur les cryptoactifs que l'entreprise détient pour son propre compte. Au 30 septembre, ce portefeuille valait 2,22 milliards de dollars et comptait 17 954 bitcoins. C'est un gain de valorisation, pas un revenu tiré des clients. Sur neuf mois, Coinbase reste d'ailleurs en perte nette de 34,9 millions.

    La vraie information est donc moins dans le bénéfice que dans la structure des revenus. Les abonnements et services, dont font partie les stablecoins, pèsent 570,2 millions de dollars, presque autant que les transactions. La plateforme de trading devient, peu à peu, une gestionnaire de dollars numériques.

    Le rapport montre aussi que ce modèle reste très américain. Les États-Unis représentent 84 % du chiffre d'affaires, et les revenus internationaux reculent de 349,9 à 199,5 millions de dollars sur un an.

    Ce que ça raconte à la Tunisie

    Vu de Tunis, ces chiffres dessinent la géographie d'une rente. Chaque dollar numérique détenu, à New York, à Lagos ou ailleurs, finance des réserves placées aux États-Unis, dont les intérêts reviennent à l'émetteur et à ses distributeurs. Le détenteur, lui, garde un jeton qui vaut un dollar, ni plus ni moins, sauf récompense consentie par la plateforme.

    C'est exactement la question que posent les stablecoins aux pays qui les voient se diffuser sans les émettre. Le dollar numérique répond à un vrai besoin, celui de garder de la valeur en devises sans compte en devises. Mais la richesse produite par l'épargne qu'il capte se fabrique ailleurs.

    En Tunisie, le débat reste théorique sur le plan légal. La crypto n'y dispose d'aucun cadre légal autorisant son usage, et la réglementation des changes, fixée par le code des changes et supervisée par la Banque centrale, est stricte. Détenir des stablecoins via une plateforme étrangère n'offre ni protection locale ni recours.

    Le chiffre de Coinbase éclaire pourtant un choix stratégique pour l'avenir : soit laisser l'épargne en dollar numérique s'organiser hors du système, au profit d'émetteurs étrangers, soit réfléchir à un cadre qui permette d'en garder une partie de la valeur.

    La question n'a rien d'abstrait pour un pays dont l'économie dépend des devises, du tourisme aux transferts de la diaspora. Chaque dollar épargné hors du système bancaire local est un dollar qui ne passe ni par les banques tunisiennes ni par les réserves du pays. Et la rente qu'il produit, on vient de le voir, se compte en centaines de millions de dollars par trimestre pour un seul acteur.

    Le temps du marchand de dollars

    La leçon dépasse Coinbase. Dans la crypto comme ailleurs, ceux qui gagnent le plus ne sont pas forcément ceux qui parient, mais ceux qui gardent les dépôts. Le trading fait du bruit, les réserves font des intérêts.

    Pour les jeunes Tunisiens attirés par le dollar numérique, c'est un rappel utile : un stablecoin n'est pas un placement, c'est un dépôt dont un autre touche les fruits. Comme le thé à la menthe servi gratuitement dans une boutique de la médina, il est offert au client, mais c'est le marchand qui encaisse à la fin de la journée.

    Cet article est informatif et ne constitue pas un conseil d'investissement.

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    Rédaction Tunichain

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