Le dinar face au boom des portefeuilles numériques : une transformation silencieuse du paiement en Tunisie
La Tunisie connaît en 2024–2025 une forte progression des portefeuilles numériques, portée par des acteurs locaux toujours actifs comme D17 et WeePay. Cette évolution change les usages du dinar et accélère la transition vers une économie plus digitalisée.

Le dinar tunisien entre dans une nouvelle ère. Alors que les débats publics sont dominés par la dépréciation de la monnaie et l’inflation, une transformation plus silencieuse se déroule sur le terrain : l’explosion des solutions de paiement numérique. En 2024–2025, plusieurs portefeuilles électroniques tunisiens toujours actifs gagnent du terrain, modifiant les habitudes de consommation, de transfert et de gestion du dinar.
Le premier exemple marquant est D17, solution officielle de la Poste Tunisienne, toujours pleinement opérationnelle en 2025. D17 s’est imposée comme l’un des portefeuilles numériques les plus utilisés du pays, permettant aux utilisateurs de payer leurs factures, transférer de l’argent instantanément et régler des achats du quotidien. Son adoption massive vient surtout de la simplicité d’utilisation et du fait que l’application touche une population très large, même dans les régions moins bancarisées. Pour beaucoup de Tunisiens, D17 représente la première véritable expérience de monnaie numérique locale.
Autre acteur notable, WeePay, solution fintech tunisienne active en 2024–2025, s’est spécialisée dans les paiements digitaux pour les commerces, les services et l’événementiel. Sa technologie permet de transformer n’importe quel smartphone en terminal de paiement sans contact. Cette innovation facilite l’encaissement chez les petits commerçants, artisans et prestataires, réduisant leur dépendance au cash. En renforçant la fluidité du paiement, WeePay contribue à moderniser l’usage du dinar tout en formalisant une partie des transactions qui se faisaient auparavant en espèces.
Ces avancées s’inscrivent dans un mouvement plus large où le paiement numérique devient un levier majeur de modernisation économique. Le dinar, historiquement associé à la circulation physique des billets, se transforme progressivement en une valeur numérique fluide, transférable et utilisable dans un écosystème d’applications qui s’enrichit de mois en mois. Ce changement touche particulièrement les jeunes, habitués à tout faire depuis leur téléphone, mais aussi les entreprises qui cherchent à simplifier leurs processus de facturation et d’encaissement.
La montée en puissance de ces solutions prépare également la Tunisie à un futur où les moyens de paiement numériques occuperont une place centrale dans la lutte contre l’économie informelle, l’amélioration de la traçabilité financière et l’efficacité administrative. Une plus grande adoption pourrait aussi faciliter l’accès au financement pour les microentreprises en créant des historiques de transactions exploitables par les institutions financières.
L’Afrique du Nord avance rapidement sur ce terrain, avec le Maroc et l’Égypte qui expérimentent des mécanismes proches. La Tunisie dispose d’un avantage certain : un tissu fintech dynamique, une population jeune et connectée, et une nécessité économique pressante de réinventer le rapport au dinar. La question n’est plus de savoir si les portefeuilles numériques vont s’imposer, mais à quelle vitesse ils transformeront durablement les interactions économiques du pays.
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