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    Rédaction TunichainDinar Shaker

    Et si la Tunisie réinventait son dinar ? Un regard neuf sur l’avenir monétaire du pays

    Le dinar tunisien doit évoluer pour accompagner une économie plus numérique, plus rapide et plus ouverte sur le monde. Le moderniser, c’est offrir au pays une monnaie fluide, interopérable et digne du potentiel de sa jeunesse et de ses talents.

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    Et si la Tunisie réinventait son dinar ? Un regard neuf sur l’avenir monétaire du pays

    Le dinar occupe une place centrale dans la vie économique tunisienne, mais il fonctionne encore selon des mécanismes d’un autre temps. Pendant que le monde adopte des paiements instantanés, des monnaies numériques, des systèmes financiers interconnectés et des infrastructures transparentes, le dinar reste prisonnier d’un cadre lent, fragmenté et compliqué. Pourtant, l’économie tunisienne a changé : elle est plus numérique, plus mondialisée, plus créative, plus dépendante de ses talents que de ses matières premières. La monnaie, elle, n’a pas suivi ce mouvement.

    Imaginer un nouveau dinar ne signifie pas le remplacer ou renier son rôle historique. C’est s’interroger sur la manière dont cet outil fondamental peut être adapté à une société qui évolue beaucoup plus vite que ses institutions. Le premier changement nécessaire concerne la vitesse de circulation. Les paiements en Tunisie sont souvent lents : règlements interentreprises retardés, démarches administratives interminables, virements bancaires qui prennent des jours, retards dans les paiements publics, et frictions permanentes entre banques, entreprises et citoyens. Un dinar moderne pourrait être soutenu par une infrastructure capable de fonctionner en temps réel, de jour comme de nuit, permettant aux entreprises de se payer instantanément, aux citoyens de recevoir leurs fonds sans délais, et à l’administration de fluidifier ses opérations. Une économie qui circule vite est une économie qui respire.

    Le second enjeu est la relation du dinar avec le monde extérieur. Il n’est pas nécessaire de rendre le dinar convertible pour l’inscrire dans l’économie internationale. Il suffit qu’il devienne interopérable. De nombreux pays, même ceux qui protègent strictement leur monnaie, permettent néanmoins aux entreprises et aux talents de se connecter aux systèmes de paiement mondiaux via des solutions technologiques modernes. La Tunisie pourrait adopter cette logique en permettant aux exportateurs, aux freelances, aux plateformes numériques locales ou aux startups d’accepter des paiements internationaux dans un cadre clair, sécurisé et digital. Le dinar n’aurait pas besoin de s’ouvrir totalement : il aurait simplement besoin de communiquer avec les autres systèmes, plutôt que de les ignorer.

    Un élément essentiel concerne la transparence. Une partie importante de la défiance publique et du climat de suspicion économique provient de l’opacité dans la gestion des flux publics, des aides, des subventions, ou de certaines dépenses de l’État. En s’inspirant des technologies de registre distribué, sans nécessairement modifier la nature de la monnaie, la Tunisie pourrait instaurer une visibilité accrue sur certaines opérations économiques et administratives. La transparence n’affaiblit pas la monnaie : elle la renforce, car elle restaure la confiance et réduit les zones grises qui freinent l’investissement et nourrissent l’économie parallèle.

    Réinventer le dinar pourrait aussi avoir un impact direct sur l’économie réelle. Les petites entreprises, les commerçants, les artisans, les agriculteurs et les indépendants sont encore largement sous-digitalisés. Les outils de paiement restent fragmentés, les processus complexes, les coûts parfois dissuasifs. Un dinar modernisé pourrait encourager l’adoption massive de paiements mobiles simples, de micro-épargnes automatiques, de financements participatifs encadrés, de remboursements instantanés, de solutions adaptées à des secteurs encore trop exclus du système financier officiel. Une monnaie moderne soutient les petites mains du pays, pas seulement les grands acteurs.

    La question des talents tunisiens est cruciale. La Tunisie exporte chaque année son intelligence, mais elle perd souvent la valeur qu’elle pourrait conserver. Beaucoup de développeurs, de designers, de consultants ou de freelances quittent le pays non pas par choix, mais par obligation administrative. Être payé depuis l’étranger demeure un défi qui décourage l’activité numérique locale. Si la Tunisie modernisait son système monétaire et assouplissait intelligemment la gestion des flux internationaux à travers des outils numériques compatibles, elle pourrait retenir une part importante de sa jeunesse créative tout en stimulant un secteur qui ne demande qu’à exploser.

    Réinventer le dinar, c’est aussi l’adapter aux usages d’une génération connectée. Les jeunes Tunisiens vivent dans un environnement dominé par les applications mobiles, les plateformes, l’instantanéité et la simplicité. Ils ne comprennent pas et n’acceptent plus de devoir attendre plusieurs jours pour un paiement, d’être confrontés à des limitations bancaires archaïques ou de devoir contourner le système pour travailler avec le monde. Une monnaie qui s’inspire de leurs pratiques plutôt que de les freiner peut devenir un facteur culturel majeur de modernisation.

    Enfin, repenser le dinar ne relève pas seulement de l’innovation technologique. C’est un choix politique, économique et stratégique majeur. Une monnaie figée fige le pays. Une monnaie modernisée ouvre la porte à un autre futur. La Tunisie peut décider de moderniser ses institutions, d’embrasser les technologies financières, d’encourager la transparence, de favoriser la mobilité économique, d’intégrer ses talents à l’économie mondiale et de renforcer sa souveraineté monétaire plutôt que de la voir s’éroder.

    Le dinar du futur n’a pas besoin d’être révolutionnaire pour être transformateur. Il doit simplement être repensé comme un outil vivant, flexible, évolutif, capable d’accompagner un pays jeune, dynamique et ambitieux. Une monnaie n’est pas qu’un symbole : c’est un moteur. Et la Tunisie mérite un moteur qui avance réellement à la vitesse de son potentiel.

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    Rédaction Tunichain

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