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    Rédaction TunichainBitcoin Orange Medina

    Bitcoin sous les 80 000 dollars, pétrole au-dessus de 110 : la semaine où les marchés ont rappelé leurs règles

    Bitcoin a brièvement cédé la barre des 80 000 dollars ce samedi, emporté par une vague de liquidations et des sorties de capitaux des ETF américains. Dans le même temps, le Brent dépassait 113 dollars. Derrière ces deux courbes, une même leçon : quand l'argent mondial devient nerveux, ce sont les positions les plus fragiles qui paient en premier. Une leçon que la Tunisie connaît bien.

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    Bitcoin sous les 80 000 dollars, pétrole au-dessus de 110 : la semaine où les marchés ont rappelé leurs règles

    80 000 dollars. Pendant plusieurs semaines, ce seuil faisait figure de plancher pour Bitcoin. Samedi 24 octobre, il a cédé.

    Le prix est descendu jusqu'à environ 79 280 dollars avant de remonter autour de 80 100 dollars en début d'après-midi, heure de New York. Rien de spectaculaire à l'échelle de l'histoire de Bitcoin. Mais la manière dont la baisse s'est produite mérite qu'on s'y arrête.

    En quatre heures, près de 436 millions de dollars de positions ont été liquidées sur les marchés à effet de levier, selon les données de CoinGlass. Plus de 400 millions concernaient des traders qui pariaient sur la hausse.

    Autrement dit, ce n'est pas Bitcoin qui s'est effondré. Ce sont des paris empruntés sur Bitcoin qui ont été fermés de force.

    Des ETF qui hésitent

    Le décor avait été planté dans la semaine.

    Les ETF Bitcoin au comptant cotés aux États-Unis, ces fonds qui permettent aux institutions et aux épargnants d'acheter du Bitcoin sans le détenir directement, ont alterné entrées et sorties. Mercredi, ils avaient attiré plus de 520 millions de dollars. Jeudi, 635,6 millions en sont ressortis, la plus forte sortie quotidienne depuis juin. Vendredi, 137,9 millions supplémentaires ont quitté ces fonds.

    Ces mouvements ne disent pas que les institutions abandonnent Bitcoin. Le solde de la semaine restait même positif jusqu'à jeudi. Ils montrent surtout que le capital institutionnel se comporte comme du capital institutionnel : il entre quand l'appétit pour le risque est là, il sort quand il disparaît.

    Et cette semaine, l'appétit pour le risque a pris un coup.

    La tech, puis le pétrole

    Jeudi, le Nasdaq a reculé de 2,6 %, entraîné par une vente massive sur les valeurs des semi-conducteurs et de l'intelligence artificielle. Le même jour, le Brent a terminé à 113,17 dollars le baril, au plus haut depuis cinq mois, sur fond de tensions renouvelées autour de l'Iran.

    Une bourse technologique qui chute, un pétrole qui flambe : c'est le cocktail classique d'un marché qui se met en mode défensif.

    Bitcoin a d'ailleurs plutôt bien résisté dans un premier temps. Il terminait la semaine quasiment là où il l'avait commencée, autour de 81 700 dollars vendredi matin. C'est le week-end, avec des marchés moins liquides et des positions à levier trop chargées, qui a fait basculer le prix sous le seuil symbolique.

    Ce que le baril dit à la Tunisie

    C'est ici que la médina entre dans l'histoire.

    Pour un pays comme la Tunisie, un baril au-dessus de 110 dollars n'est pas une ligne dans un graphique. C'est une facture.

    Le pays importe une part importante de son énergie. Chaque hausse du pétrole alourdit le déficit commercial, accroît le besoin en devises et met la pression sur la balance des paiements. C'est précisément ce que les 312 millions de dollars obtenus cet été auprès du Fonds monétaire arabe devaient aider à absorber.

    Un pétrole durablement cher, c'est donc moins de marge pour les réserves de change, plus de tension sur le dinar et un budget de l'État encore plus contraint par les subventions énergétiques.

    Il ne faut pas pour autant tirer de conclusions hâtives. Un pic de cinq mois n'est pas une tendance de cinq ans. Les cours peuvent se détendre aussi vite qu'ils se sont enflammés si les tensions géopolitiques retombent.

    Mais la semaine rappelle une vérité simple : la Tunisie n'a aucune prise sur les décisions qui font bouger le prix du baril.

    Deux leçons, une même logique

    Il y a un parallèle intéressant entre ce qui arrive aux traders liquidés et ce qui arrive aux économies dépendantes.

    Le trader qui emprunte pour parier sur la hausse ne perd pas parce que Bitcoin baisse. Il perd parce qu'il n'a pas de marge pour encaisser la baisse. Son problème n'est pas l'actif. C'est le levier.

    Une économie qui dépend de l'énergie importée et de financements extérieurs vit une situation comparable. Elle ne souffre pas parce que le pétrole monte. Elle souffre parce qu'elle a peu de coussin pour absorber la hausse.

    Dans les deux cas, la solution n'est pas de prédire le marché. C'est de réduire sa fragilité.

    Pour l'investisseur, cela passe par moins de levier et un horizon plus long. Pour un pays, cela passe par plus de production énergétique locale, plus d'exportations et plus de sources de devises.

    Et Bitcoin dans tout ça ?

    Bitcoin n'est pas une protection magique contre les chocs de marché. Cette semaine le montre : quand les investisseurs fuient le risque, il peut baisser avec la tech.

    Il n'a pas non plus de statut légal en Tunisie, où la Banque centrale interdit toujours les transactions en cryptomonnaies depuis 2018, même si le débat sur un futur cadre réglementaire progresse.

    Mais la question énergétique continue de rapprocher les deux sujets. Les mineurs de Bitcoin cherchent partout l'électricité la moins chère, y compris l'énergie gaspillée ou excédentaire. Pour un pays qui veut développer son solaire et réduire sa dépendance au gaz importé, la réflexion sur la valorisation de l'énergie produite localement mérite au moins d'être ouverte.

    Ce qu'il faut surveiller

    À court terme, la zone des 79 800 dollars reste le niveau que beaucoup d'analystes observent. Les flux des ETF diront si les institutions reviennent acheter la baisse ou continuent de réduire leur exposition.

    Pour la Tunisie, l'indicateur à suivre n'est pas le prix du Bitcoin. C'est celui du Brent. S'il reste durablement au-dessus de 100 dollars, la pression sur les réserves et sur le dinar finira par se voir.

    Les marchés mondiaux ont une manière brutale de rappeler leurs règles. Celle de cette semaine tient en une phrase : ce n'est pas la tempête qui fait couler le bateau, c'est le manque de marge pour la traverser.

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